Mercredi 11 mai 2016

Homo Disparitus

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Chroniques du futur, 5* - par Dominique Hummel [originellement publié dans "7 à Poitiers" du 11 mai 2016]

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7,5 milliards d'êtres humains sur Terre. Et, en une seconde, plus un seul. L'humanité... évanouie. Pourquoi ? Comment ? La réponse ne servirait à rien, ni à personne ! A quoi va ressembler la Terre sans nous qui lui avons imposé notre volonté ? "Chassez le naturel, il revient au galop". Pas sûr ...
Première séquence,  notre absence crée le chaos. Dans la minute qui suit, le silence. Puis monte le hurlement  inutile des animaux domestiques piégés dans leurs enclos. Les 20 milliards de poulets élevés en batterie ne passeront pas la première semaine. Tous les systèmes de sécurité qui nécessitaient une intervention humaine vont tomber en panne. Le feu s'empare des complexes industriels et des centrales énergétiques dont la température n'est plus sous contrôle.

Il faudra plusieurs mois pour que la nature commence son long travail de reconquête. Par les ruissellements d'eau, le gel, la végétation, les ossatures bois lâchent après 10 ou 20 ans de résistance. En un siècle le béton qui a façonné nos mégapoles modernes sera désintégré, pas le plastique. Dans 150 ans l'atmosphère sera nettoyée de nos scories mais 100 000 années supplémentaires seront utiles pour retrouver le niveau de CO2 de l'ère d'antan.

"Derniers entrés, premiers sortis": à l'inverse, les édifices historiques en pierre resteront reconnaissables encore 1000 ans ! Est-ce que l'extraterrestre qui passera par içi vers l'an 3000 aura la même émotion que nous devant la façade de Notre Dame la Grande ou la statue en bronze de Notre Dame des dunes que les suivants reconnaitront encore un million d'années ?

Un enjeu assez théorique car la planète n'a pas de mémoire. La nature ne revient pas en arrière, elle s'invente inexorablement. Il lui faudra moins de temps pour "reprendre ses droits" qu'il n'en a fallu à l'homme pour lui "imposer" les siens.
Improbable oui, impossible peut-être pas, cette histoire n'existera jamais. Mais elle nous dit que la nature n'a pas besoin de nous. A son échelle (évaluée en milliards d'années), l'humanité n'est qu'un colocataire éphémère. La nature n'a pour nous aucun projet car la nature ne pense pas. L'homme si, et il a besoin d'elle. C'est précisément notre magnifique capacité de conscience qui nous définit.

Le défi c'est celui de notre intelligence collective face a une nature qui offre à l'homme et à sa créativité une infinitude de possibilités.
Ce n'est pas la planète Terre qu'il faut sauver, c'est nous, les humains.
 
* inspiré d'Alan Weisman 2007

Mercredi 11 mai 2016
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