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Communiquer la science par l'image

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En novembre dernier j'ai participé au colloque  "Communiquer la  science par l'image" organisé à  l'initiative  de  plusieurs  organismes  de  recherche. L’objectif  de cette rencontre est  de  réfléchir  au  rôle  et  à  la  place  des  images  pour communiquer la science, sous ses différents formes et supports de diffusion, qu’elle soit photo, film, illustration, infographie, en 3D, en BD...

Communiquer la  science par l'image
Je ne me demande pas comment l’image peut servir la science, mais comment la science peut servir l’image. Quels matières, contenus, mis en forme peuvent nourrir l’image, et plus encore : l’imagination et l’imaginaire ? Je me situe davantage dans « l’entertainment » pur que dans « l’edutainment » (croisement entre éducation et entertainment), communication plus traditionnelle où la matière scientifique devient une nourriture pour du spectacle pédagogique à visée éducative.

L’ambition du Futuroscope depuis sa création il y a 30 ans est de mettre en image le futur, et pour cela il demande aux scientifiques de la matière. Or ces derniers se sont d’une certaine façon fait voler le thème de l’image scientifique grand public par la science-fiction, avec des films comme Interstellar, Avatar ou Gravity, par exemple. Mais certains, tel l’astrophysicien Roland Lehoucq, travaillent sur ce que la science-fiction doit à la science et réciproquement. Les scientifiques sont obligés de spéculer donc de faire appel à l’imagination ; ils ne sont pas que rationnels, ils ont aussi une dimension artistique. Cette fertilisation croisée entre l’approche scientifique et sa mise en scène vers l’imaginaire serait intéressante pour l’avenir, elle permettrait d’emmener les gens dans un voyage extraordinaire et de retrouver ainsi un peu de la philosophie de Jules Verne.

Le Futuroscope utilise quantité d’images nourries d’observations scientifiques, en particulier dans les domaines de l’animalier et de la nature (films de Jacques Perrin), avec un caractère quasi militant. La France est réputée dans le genre animalier (cf. le film La marche de l’empereur de Luc Jacquet). Autre univers de prédilection du Futuroscope : les technologies et la science-fiction. L’évolution la plus marquante est la fin ou la « déconstruction » de l’écran. Tout va devenir support à image. Dans les parcs d’attractions on propose des immersions, des expériences que seul le numérique permet. On fait vivre les objets à travers des projections vidéos, tout l’espace autour de soi devient acteur, la salle participe au rapport à l’image ; on parle de 4D, 5D. Ainsi, « Virus Attack », une animation conçue avec l’Inserm, promène le spectateur dans le corps humain pour trouver l’endroit où se niche un virus, en l’occurrence dans le cerveau, la salle participe au rapport à l’image.
Il y a quelques années, la BBC a produit une série qui se projetait dans 5, 100 et 200 millions d’années pour voir quelle pourrait être alors la vie animale sur Terre. Les scientifiques ont travaillé avec des artistes pour donner forme à ces animaux du futur. Le Futuroscope en a fait un parcours de réalité augmentée : un petit train promenait les visiteurs dans quatre stations du futur.

Des lieux comme le Futuroscope ont une fonction pour amener un contenu plus gouleyant. La science peut enchanter l’avenir, nous donner une vision du futur, pas faite seulement d’apocalypses, des matières oniriques grand public.

La science peut redonner de l’espérance à la pédagogie du plus grand nombre.

Retrouvez l'intégralité des interventions du colloque sur le site www.communiquer-la-science.fr
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